Day of dancing floor Projet

The day of dancing floor est un projet transfrontalier, et pluridisciplinaire, initié et dirigé par Pierre Giner, avec la collaboration de Vincent Epplay (Paris), de Prue Lang (Frankfort) et de Vreni Spieser (Zurich), et les contributions d’autres artistes, amis, français et étrangers. .
A la convergence entre cinéma et nouveaux médias, live et différé, édition, danse, son et installation, ce projet a été retenu par l'AFAA dans le cadre du programme Génération(s) 2001, et a été montré en Arles par le Centre National de la Photographie.
Il a reçu le soutien en Suisse de l’Ambassade de France à Berne.

 

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Extraits du projet.


Deux personnes qui dansent la valse - surtout lorsqu’elles dansent maladroitement, trop vite, en déséquilibre - tomberont, forcément, un instant, éperdument amoureuses l’une de l’autre.
La force centrifuge qui les arrache l’une de l’autre, la résistance volontaire qu’elles y opposent ensemble, la vitesse de rotation qui les emporte, le jeu des visages et des regards, la réunion des corps, le tournoiement du décor. Tout les pousse irrésistiblement l’une vers l’autre. Elles sont soumises à la cinématique du désir.
Il y a dans ce dispositif pendulaire, en creux, le dispositif même du cinéma. Panoramique, champs-contrechamps, avant, arrière, gros plans, romance, s’allient pour déployer le théâtre de la fiction amoureuse.
(…)
L’amour a à faire avec la géométrie. Il installe des dispositifs qui placent, des dynamiques qui déplacent les corps les uns vers les autres. L’amour est un champ de force que les amants déforment. Les topiques, tu es proche, je suis loin, où est-elle, où va-t-il, nous voit-on, orientent et positionnent les objets et leur spectateur. Dresser la topologie du désir revient à faire l’arpenteur, le géomètre, le voyageur, à parcourir l’espace qui contient et sépare les êtres entre eux.
Le wagon-restaurant d’un intercity reliant Lausanne à Zurich, les paysages de lacs et de montagnes entrevus par la fenêtre, les ailleurs qu’ils appellent, l’aéroport de Frankfort, la gare de l’Est à Paris, sont les décors de ces déplacements, le travelling et le panoramique l’outil cinématographique d’observation de ces entre-deux villes, entre-deux êtres, le temps du voyage et de l’attente celui de l’écriture de leur liaison.

Pierre Giner.